



Références Bibliographiques

Couleurs
de robe du Berger d'Anatolie
Dûment instruits
sur les mécanismes biologiques régissant la transmission héréditaire
des couleurs de la robe chez le chien, nous pouvons à présent
nous pencher sur le cas du Berger d'Anatolie.
Le Berger d’Anatolie possède, comme tous les autres chiens, l’ensemble des gènes codant pour l’expression des différentes couleurs de la robe.
En
1989, le généticien britannique Roy Robinson a publié
un article dans la revue scientifique Genetica (Robinson, 1989) concernant
les mécanismes héréditaires de la transmission des couleurs
de la robe chez le Berger d’Anatolie.
Les données de base, utilisées par cet auteur étaient
issues d’une collecte étendue des caractéristiques phénotypiques
de Bergers d’Anatolie (3500 individus), pratiquée par les clubs
de la race aux Etats-Unis et en Grande-Bretagne. Ces résultats ont
permis de clarifier l’importante diversité de coloris observée
par les éleveurs et les passionnés de la race.
Les couleurs sables à fauve, les plus fréquemment observées chez le Berger d’Anatolie, résultent de l’expression de l’allèle Ay (Série du locus Agouti) dominant vis à vis de l’allèle sauvage A+ (gris loup) responsable de la présence de poils possédant plusieurs bandes sombres alternant avec des bandes plus claires, et résultant en des "charbonnures".
L’allèle Ay est également responsable de l’apparition des taches blanches sur la face , la poitrine, les pattes ou le ventre.
La
variété distinguée sous le nom d’Akbash, et caractérisée
par une robe entièrement blanche, ne peut être différenciée
sur la seule base de son coloris.
En effet, cette couleur d’apparence blanche est génétiquement
« crème ». La transmission de ce coloris blanc, qui apparaît
récessif vis à vis des coloris sables et fauves, résulte
de l’expression de l’allèle chinchilla du locus C (série
albinos): Cch, qui dégrade le pigment responsable de la couleur fauve
(phéomélanine), et aboutit à l’expression d’une
couleur crème (terme génétique consacré) ou blanche.
La couleur noire de la truffe et de la peau étant préservée
(« maquillage »). La seule couleur génétiquement
blanche, résultant de l’expression des allèles de l’albinisme,
ne permet pas la coloration noire simultanée des muqueuses.
Le degrés d’expression de l’allèle ch (locus C)
vis a vis de l’allèle Ay du locus A, constitue un phénomène
d’épistasie : interactions entre deux allèle de deux locus
(gènes) différents. Le degrés de cette interaction explique
probablement la gamme de tons observés chez le Berger d’Anatolie,
allant du fauve au blanc, en passant par le sable et le crème.
D’une manière similaire, Robinson suggère que le masque noir, si caractéristique de notre race, résulte de l’expression simultanée (donc des interactions) de plusieurs gènes. Il n’adopte pas les conclusions de Little (1967) qui a considéré le masque comme un trait monogénique lié à l’expression de l’allèle Em (Série de l'extension E).
L'article de Robinson (1989) ne fait pas mention du phénotype "bringé" qui est pourtant présent dans le cheptel Turque. D'après Little (1967), ce type de coloris apparaît chez les sujets homozygotes pour l'allèle ebr, mais nécessite l'expression simultanée d'au moins un allèle de la série Agouti (A), ce qui semble être systématiquement le cas chez le Berger d'Anatolie.
L'éclaircissement progressif des chiots, après leur naissance résulte de l'expression de l'allèle G de la série du Gris. Cet allèle est dominant, et les chiots ne présentant pas d'éclaircissement de la robe sont de génotype gg.
Transmission héréditaire de la longueur du poil:
Crawford et Loomis (1978) ont publié les mécanismes de transmission héréditaire de la longueur du poil chez le Saint Bernard, une autre race de molossoïde de montagne. D'après ces auteurs, l'hérédité de la longueur du poil résulte chez cette race, d'un simple mécanisme de dominance entre deux allèle d'un seul gène: l'allèle codant pour le poil long étant récessive vis à vis de l'allèle codant pour le poil court.
Le
Berger d'Anatolie semble présenter le même mode de transmission
héréditaire de la longueur du poil. Une portée issus
de deux chiens à poil long ou mi-long, ne contient jamais de chiots
à poils courts, alors que l'inverse est tout à fait possible.
Par contre, la densité du pelage sur la queue et les culottes, ne semble
pas nécessairement proportionnelle à celle du reste de la robe.
traduit par Ph. Caparroy d'après Mary M. Ewald.

Rustem Ourto des Shumagins, à deux mois.
Rigel Ourto des Shumagins à 3 ans (frère de Rustem).